L'ONU et des partenaires annoncent une initiative faisant entrevoir un monde libéré de la rage

L'ONU et des organisations partenaires ont annoncé jeudi un plan pour mettre un terme aux décès survenus à la suite de morsures de chiens infectés par la rage d'ici à 2030, à l'occasion de la Journée mondiale de la rage, qui est célébrée chaque année le 28 septembre.

Cette initiative de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et de l'Alliance mondiale contre la rage (GARC) est intitulée 'Unis contre la rage' et appréhende la maladie de manière holistique et multisectorielle, tout en soulignant le rôle important joué par les services vétérinaires, sanitaires et de formation dans la prévention et la lutte contre la rage.

« Le plan s'assure de l'adoption des meilleures pratiques de lutte contre la rage afin de soutenir les pays dans l'élaboration de leurs programmes nationaux et leur propose des formations innovantes, ainsi que des outils éducatifs utilisés à travers les différents réseaux régionaux de lutte contre la rage », a expliqué le Dr. Bernadette Abela-Ridder qui s'exprimait au nom du Groupe directeur de l'initiative.

« Les vaccins représentent une composante essentielle du plan mondial et un élément indispensable pour les programmes nationaux. Le plan 'Unis contre la rage' apporte l'encadrement nécessaire et milite pour mobiliser les ressources essentielles en vue de parvenir à un monde sans décès provoqués par la rage d'ici 2030 », a-t-elle ajouté.

'Unis contre la rage' s'appuie sur plus de dix ans de partenariat, de recherche et de preuves mondiales pour démontrer que les cas de rage transmise par des chiens peuvent être éradiqués. Le plan met l'accent sur le problème des décès provoqués par la rage et contribue à faire de cette maladie une priorité aux yeux des organisations internationales et des gouvernements.

 

La rage est évitable à 100%

Le monde possède le savoir, la technologie et les vaccins nécessaires pour éradiquer la rage.

Le plan vise à prévenir et faire face aux cas de rage transmise par des chiens, en améliorant la sensibilisation et l'éducation, en réduisant les risques de transmission de la rage aux humains par le biais de campagnes massives de vaccination de chiens et en améliorant l'accès aux soins de santé, aux médicaments et aux vaccins pour les populations à risque ; à avoir un impact et le mesurer en mettant en œuvre des directives destinées à lutter contre la rage, qui ont prouvé leur efficacité, et en surveillant l'utilisation des nouvelles techniques de surveillance pour se rendre compte des progrès accomplis afin de réaliser l'Objectif «Zéro d'ici à 30»; à démontrer l'impact du plan 'Unis contre la rage' au sein des programmes nationaux, régionaux et mondiaux d'éradication de la rage afin de s'assurer de l'implication continue des intervenants à tous les niveaux, ainsi que d'un financement durable afin de réaliser l'Objectif «Zéro d'ici 30».

La rage - une maladie contagieuse que l'on retrouve dans plus de 150 pays et territoires - est généralement mortelle une fois que les symptômes sont apparus. Les cas de rage transmise par les chiens représentent près de 99% des décès humains provoqués par cette maladie. Selon certaines estimations, 59.000 personnes meurent chaque année de la rage.

La rage est une maladie associée à la pauvreté, à la négligence. Les personnes les plus pauvres au monde sont les plus affectées car elles ne peuvent se permettre de traitement ou se payer le transport vers les centres de santé. Les moyens d'existence de ces personnes sont également affectés car selon certaines estimations, lorsque le bétail est infecté par la rage, les pertes financières peuvent dépasser les 500 millions de dollars chaque année.

Assurer l'accès à un traitement vital suite aux morsures de chiens et vacciner les chiens afin de réduire les risques et d'éliminer la maladie à la source, à savoir chez l'animal, permettrait pourtant d'éviter la rage à 100%. En finir avec les décès humains provoqués par la rage requiert également le renforcement des services de santé humains et animaux, ainsi qu'un certain engagement politique.




       

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