Syrie: « le moment de vérité est très proche », selon Staffan de Mistura

Staffan de Mistura, Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie (photo: ONU/J. M. Ferré).

Après la création de zones de désescalade en Syrie, la prochaine étape serait d'arriver à un cessez-le-feu dans tout le territoire syrien. Lors d'un point de presse ce mercredi à Genève, Staffan de Mistura a estimé que la seconde priorité est que l'opposition et Damas s'engagent dans de véritables négociations devant aboutir à un processus politique inclusif. Car en cas d'échec, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie avertit que « l'alternative serait  dangereuse et nous serons dans une incertitude avec une situation de  paix ni guerre ».

« Le moment de vérité est très proche », a estimé l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie.  « Je sais que vous avez entendu à plusieurs reprises les mots processus politique, mais est-ce que le gouvernement, après la libération de Deir Ezzor et de Raqqa, serait prêt à négocier et à ne pas simplement crier victoire? », s'est interrogé Staffan de Mistura.  « Est-ce que l'opposition serait capable d'être unifiée et d'être assez réaliste pour réaliser qu'elle n'a pas gagné la guerre? », a jouté le diplomate italo-suédois.

Staffan de Mistura pense qu'à « l'heure actuelle », aucun camp ne peut pas « prétendre avoir gagné la guerre ». Une façon de rappeler les priorités actuelles sur ce dossier syrien, à savoir la poursuite de la mise en œuvre des zones de désescalade, puis la mise sur pied d'un cessez-le-feu national qui ne pourra tenir sur le long terme que grâce à un « processus politique inclusif ».

Pour le médiateur onusien, ces « négociations politiques sont nécessaires » pour éviter « un avenir sombre » en Syrie, avec notamment un possible retour des groupes djihadistes. A cet égard, il a confirmé que les prochains pourparlers entre Damas et l'opposition sont prévus en octobre à Genève. Pour ce rendez-vous du Palais des Nations, l'Envoyé spécial de l'ONU a insisté sur la nécessité pour la délégation de l'opposition de s'unifier et de faire preuve d'un « certain réalisme ». Faute de quoi, « il n'y aura pas de vraies négociations, et ce n'est pas dans l'intérêt de l'opposition ».

Sur le plan humanitaire, Staffan de Mistura a exprimé l'espoir que la levée du siège à Deir Ezzor permettrait bientôt un meilleur accès humanitaire dans la partie orientale de cette ville assiégée.

Il faut juste rappeler que le Groupe de travail sur le cessez-le-feu se réunit ce mercredi après-midi au Palais des Nations. Une réunion qui précède celle tenue dans la matinée par le Groupe de travail sur l'accès humanitaire du Groupe international de soutien à la Syrie.




       

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