L'ONU célèbre le 10e anniversaire de l'adoption historique de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones

Une femme d’une tribu H’mong, au Viet Nam. Photo ONU/Kibae Park

L'ONU a célébré mercredi le dixième anniversaire de l'adoption historique de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, l'occasion d'honorer l'apport unique de ces peuples à la compréhension mutuelle, à la paix et au développement durable.

« Les peuples autochtones entretiennent et perpétuent des cultures exceptionnelles et des liens sans équivalent avec l'environnement naturel. Ils incarnent un pan immense de la diversité linguistique et culturelle de notre humanité commune. Protéger leurs droits et leur dignité revient à protéger les droits de chacun et à respecter l'âme de l'humanité, passée et à venir », a souligné la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, dans un message.

La Déclaration sur les droits des peuples autochtones, adoptée le 13 septembre 2007 par l'Assemblée générale des Nations Unies, est l'instrument international le plus complet sur les droits fondamentaux de ces peuples. Elle instaure un cadre universel de normes minimales nécessaires à la survie, à la dignité et au bien-être des peuples autochtones.

Malgré des progrès notables enregistrés aux niveaux national, régional ou international dans la mise en œuvre de cette Déclaration au cours de la décennie écoulée, il reste encore beaucoup à faire pour combler le fossé entre la reconnaissance des droits des peuples autochtones et la mise en œuvre de politiques sur le terrain

Les quelque 370 millions d'autochtones représentent moins de 5% de la population mondiale, mais 15% des personnes les plus démunies, a rappelé Mme Bokova. Les peuples autochtones représentent 5.000 cultures différentes, parlent la vaste majorité des quelque 7.000 langues de la planète. Malgré la diversité de leurs cultures et des territoires répartis sur plus de 90 pays, ces peuples doivent faire face à des défis communs liés à la protection de leurs droits en tant que peuples distincts.

VIDEO: Albert Barume, Président du Mécanisme expert des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, revient sur le bilan de ces dix années, des progrès accomplis et des défis auxquels ils font encore face. Crédit: Nations Unies

En 2002, l'UNESCO a lancé le projet Systèmes de savoirs locaux et autochtones afin d'aider les gouvernements à créer des synergies entre les connaissances scientifiques et les savoirs des peuples autochtones. Cette initiative s'inscrit dans les travaux en cours en vue de l'élaboration d'une nouvelle Politique de l'UNESCO sur l'engagement auprès des peuples autochtones en vue d'une application renforcée de la Déclaration des Nations Unies, non seulement pour le bien des peuples autochtones, mais également pour celui de l'humanité tout entière.

De son côté, le Directeur général de l'Organisation internationale du travail (OIT), Guy Ryder, a estimé qu'il importe plus que jamais de faire entendre la voix des femmes autochtones et de promouvoir leur émancipation afin d'assurer un meilleur avenir du travail pour tous.

« Les femmes autochtones sont généralement les plus pauvres parmi les pauvres, victimes d'une double discrimination parce qu'elles sont autochtones et parce qu'elles sont des femmes», a souligné M. Ryder dans un message.

Un rapport de l'OIT, publié lors de la 16e session de l'Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones tenue en avril 2017 à New York, a souligné le rôle essentiel que le travail décent peut jouer dans l'émancipation des femmes et des hommes autochtones. Les femmes autochtones sont tout à la fois des travailleuses, des entrepreneuses et les gardiennes des savoirs traditionnels, ce qui leur confère une place de premier plan dans la vie économique, sociale, culturelle et environnementale au sein de leurs communautés et de leurs sociétés.

Malgré leurs différences culturelles, les peuples autochtones dans le monde partagent des problèmes communs. Des étudiants au Pérou, ici, rentrent chez eux à pied de l’école. L’UNICEF affirme que, dans la nation andine, les classes enseignées en espagnol mettent au défi ceux qui ne parlent que le quechua natif - ce qui résulte souvent au décrochage scolaire des étudiants. Photo UNICEF/NYHQ2011-1606/LeMoyne




       

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