Yémen : en visite dans le pays, le président du CICR regrette "les souffrances inutiles"

Genève / Sanaa (CICR) – Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est arrivé aujourd'hui au Yémen, où une épidémie de choléra sans précédent frappe un pourcentage alarmant et toujours plus élevé de la population.

Les experts du CICR s'attendent à ce que le nombre de cas suspectés de choléra double d'ici la fin 2017 pour atteindre plus de 600 000 cas - soit un Yéménite sur 45. Le président du CICR visitera durant cinq jours Aden, Taïz et Sanaa et rencontrera le personnel de santé luttant contre la maladie mortelle.

« Cette terrible épidémie de choléra est une catastrophe humanitaire provoquée par l'homme qui aurait pu être évitée. Elle est la conséquence directe d'un conflit qui a dévasté l'infrastructure civile et causé l'effondrement du système de santé », déclare Peter Maurer, président du CICR. « Je trouve cette souffrance inutile absolument intolérable. Alors que le monde reste passif, cette tragédie ne fait que s'aggraver », ajoute-t-il.

La destruction des réseaux d'égouts et des stations de traitement des eaux dans tout le pays a entraîné la propagation rapide du choléra. Moins de 45 % des installations sanitaires du pays sont opérationnelles, et d'autres ne fonctionnent que partiellement. Le système de santé n'a donc pas la capacité d'aider tous ceux qui en ont besoin. La conséquence est que d'autres maladies, comme le paludisme ou la dengue, ne sont pas traitées, faisant davantage de victimes.

« D'autres morts pourraient être évitées, mais il faut pour cela que les belligérants assouplissent les restrictions, autorisent l'importation de médicaments, de vivres et de biens de première nécessité, et fassent preuve de retenue dans leur façon de conduire les hostilités », explique M. Maurer.

Au cours de sa visite, M. Maurer discutera de la situation humanitaire avec les représentants des communautés et les responsables de tous les camps. Alors qu'au moins dix familles par semaine contactent le CICR pour signaler la disparition d'un proche, M. Maurer compte demander à toutes les parties au conflit de garantir un accès inconditionnel et immédiat aux personnes détenues en lien avec le conflit.

Plus de 3 millions de personnes ont fui leur foyer depuis le début du conflit et plus de 20 millions ont besoin d'aide humanitaire dans tout le pays. Le CICR est présent sur le terrain et dispense des secours humanitaires d'urgence à quelque 4 millions de personnes au Yémen (Sanaa, Saada, Aden, Taïz, Hodeïda), et dans d'autres gouvernorats du pays.




       

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