L’OIM et le Fonds mondial aide le Ministère iraquien de la santé à combattre la TB

Iraq - Avec plus de 15 000 nouvelles infections chaque année d’après les statistiques du Ministère de la santé, l’Iraq est l’un des pays de la région les plus touchés par la tuberculose (TB). En réaction, l’OIM (l’Organisme des Nations Unies chargé des migrations) en Iraq fournit une aide médicale d’urgence en plusieurs étapes aux patients atteints de la TB à travers le pays.

Le Programme de santé d’urgence de l’OIM soutient le Programme national contre la tuberculose (NTP) du Ministère iraquien de la santé, centré sur l’aide aux Iraquiens déplacés, aux réfugiés syriens et aux membres vulnérables de la communauté d’accueil, en coopération avec l’OMS et les partenaires du Groupe de responsabilité sectorielle Santé. Ces trois derniers mois, l’OIM a effectué des dépistages pour 3 000 cas suspects de TB.

Le programme de l’OIM contre la TB repose sur sa grande expérience des services de prévention, de diagnostic et de traitement de la TB. Ses services visent à réduire la morbidité et la mortalité à travers des services de sensibilisation, de prévention et de traitement.

Depuis 2014, dans le cadre de son Programme de santé d’urgence, l’OIM met en œuvre un programme contre la TB, en collaboration avec le Ministère iraquien de la santé et les autorités locales, avec l’aide du Fonds mondial.

Avec les représentants du NTP et du Ministère de la santé, l’OIM a conçu des interventions pour lutter contre la TB. Ces activités comprennent la sensibilisation, la formation du personnel médical, l’aide aux structures de dépistage et la détection et le diagnostic rapide des cas de TB dans les sites d’urgence et les camps de déplacés internes.

Pour commencer, les activités d’urgence de l’OIM pour combattre la TB ont été menées à bien dans la région du Kurdistan iraquien et dans le gouvernorat de Kirkûk. Cette année, l’OIM a élargi ses activités de lutte contre la TB à 12 gouvernorats à travers le pays : Al-ânbar, Baghdad, Basra, Diyala, Duhok, Erbil, Kerbala, Kirkûk, Najaf, Ninive, Salah al-Din and As-Sulaymaniya.

L’OIM réalise des dépistages dans les camps et dans les communautés d’accueil et des tests de diagnostic pour confirmer les cas sont menés à bien dans les laboratoires du NTP. Entre 2014 et 2017, l’OIM a aidé à la détection de plus de 300 cas de TB par les établissements du NTP parmi les populations de déplacés internes et de réfugiés syriens au Kurdistan iraquien et à Kirkûk.

D’après le NTP, en 2016, 7 246 cas de TB ont été identifiés : 47% d’hommes et 43% de femmes. Les tranches d’âge vont d’un à quatre ans (164 cas) et jusqu’à 65 ans et plus (1 075 cas). Sur le nombre total, 305 étaient des déplacés internes.

Sur le nombre total de patients, 29 pourcent ont été guéris, 62 pourcent ont terminé le traitement, 3 pourcent (240 personnes) sont décédés. D’autres cas ont été transférés ou n’ont pas terminé le traitement.

Cette année, le NTP a confirmé une hausse du nombre de cas de TB identifiés, principalement due aux patients en provenance de Mossoul et aux déplacés internes dans les zones isolées ou difficiles à atteindre, pour qui le diagnostic et le traitement sont retardés ou interrompus en raison des problèmes d’accessibilité aux services de santé.

Le programme de lutte contre la TB de l’OIM comprend plusieurs étapes, qui débutent par des campagnes de sensibilisation dans les camps de déplacés et dans les installations de fortune. L’OIM réalise ensuite des dépistages auprès de tous les déplacés internes qui se présentent avec des symptômes de maladies.

Une équipe de l’OIM fournit ensuite un transport aux cas suspects de TB depuis le camp ou l’installation de fortune vers un centre du NTP.

Au centre du NTP, un spécialiste procède à un examen physique complet, à des radiologies, à un test cutané à la tuberculine, au frottis et à la culture d’expectorations et à un test de sensibilité aux médicaments.

Lorsqu’il reçoit les résultats, le NTP identifie les malades atteints de la TB. Un traitement leur est dispensé, soit directement par l’OIM, soit par un système de renvoi, en coopération avec les NTP et les partenaires de la santé. Cette année, avec le financement du Fonds global, l’OIM distribue des médicaments contre la TB aux patients par l’entremise du département pharmaceutique du NTP.

Les patients tuberculeux suivent un traitement strict de six mois comprenant un traitement sous surveillance directe (DOT) et reçoivent des colis alimentaires hautement protéinés pour renforcer leur état physique.

En outre, un membre de la famille du patient est nommé pour soutenir et surveiller le patient et ce membre est chargé de signaler toute difficulté ou incapacité à suivre le traitement médical désigné. Les équipes de l’OIM effectuent également le suivi des progrès du patient une fois par semaine.

Après deux mois, l’OIM ramène le patient au centre du NTP pour une autre batterie de tests. Si les résultats sont négatifs, le patient est considéré comme guéri. Si toutefois les résultats se révèlent positifs, le patient doit poursuivre le traitement de six mois jusqu’à son terme, puis subit une troisième batterie de tests.

Si l’évaluation de six mois conclut que le patient est toujours atteint de TB, le traitement médical est prolongé pour trois mois. En coordination avec le NTP, l’OIM continue le suivi pendant toute la durée du traitement jusqu’à ce que le patient montre un rétablissement total.

« Le conflit en Iraq provoque de nombreux problèmes humanitaires, notamment une pression supplémentaire sur le système sanitaire et une aggravation des besoins sanitaires. De nombreux Iraquiens déplacés ont un accès limité aux services médicaux, ce qui accroît les risques sanitaires », a déclaré Thomas Lothar Weiss, chef de mission de l’OIM en Iraq.

« L’OIM en Iraq est ravie de continuer à travailler avec le Ministère iraquien de la santé et les partenaires humanitaires afin d’instruire les populations vulnérables sur le risque de tuberculose et de soutenir la prévention et le traitement. »

En raison du conflit à Mossoul, après plusieurs mois de guerre urbaine, 827 628 personnes (137 938 familles) sont toujours en situation de déplacement. Après une offensive de neuf mois visant à expulser Daech de cette ville qui comptait autrefois 2 millions d’habitants, le gouvernement iraquien a déclaré dimanche que Mossoul avait été reprise. Les opérations militaires à Mossoul ont conduit au déplacement de plus d’un million de personnes vers les camps et les emplacements hors des camps.

Certaines activités de l’OIM en Iraq dans les sites d’urgence de Qayara et d’Haj Ali dans le gouvernorat de Ninive, ont été temporairement interrompues à la fin de la semaine dernière pour des raisons de sécurité. A partir de cette semaine, les activités ont pleinement repris.

La Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM en Iraq publie chaque semaine les chiffres sur les déplacés internes qui passent par le site de dépistage d’Hamman Al-Alil depuis le début des opérations à l’ouest de Mossoul. Au total, le nombre de déplacés internes de l’Ouest de Mossoul étant passé par Hammam Al-Alil (depuis le 25 février 2017) s’élève à 695 677.

La DTM de l’OIM surveille activement les déplacements à l’intérieur de l’OIM. Les derniers chiffres du suivi de l’urgence de la DTM sur le déplacement à travers l’Iraq sont disponibles sur :
http://iraqdtm.iom.int/EmergencyTracking.aspx

Tous les résultats de la DTM et autres informations sur la méthodologie de la DTM sont à consulter sur le portail de la DTM : Iraqdtm.iom.int




       

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